Un bon texte de carte de vœux tient en trois temps : une phrase sur l'année qui s'achève, un vœu précis pour la personne, et une envie pour l'année qui commence. Trois ou quatre lignes. Ce qui le rend chaleureux, c'est le vœu précis, celui qu'on ne pourrait pas souhaiter à quelqu'un d'autre. La formule d'ouverture compte beaucoup moins.
Cette page portait autrefois un millésime dans son titre, et ses textes étaient datés. Je l'ai réécrite pour qu'elle serve chaque année : rien ici ne dépend du calendrier, sauf les dates d'envoi. J'envoie une trentaine de cartes de vœux chaque janvier, depuis mes années à la papeterie où décembre était le mois des cartes et des enveloppes. Ce qui suit vient de ces piles-là. Les variantes pour le travail, la famille éloignée et les proches qui ont traversé une année difficile ont chacune leur article, liés plus loin, et tous les textes sont rangés dans Mots et cartes.
La structure en trois temps
Premier temps, l'année qui s'achève. Une phrase, pas un bilan. « Cette année vous a vus déménager, et on a enfin vu votre jardin. » Ou, plus sobre : « Merci pour les dimanches de cette année. »
Deuxième temps, le vœu précis. C'est le cœur de la carte, et c'est là que la plupart des gens écrivent « bonheur, santé, réussite ». Je ne dis pas que c'est faux. C'est juste interchangeable. Un vœu précis, c'est « que le petit dorme enfin ses nuits », « que la nouvelle boulangerie tienne ses promesses », « que ton genou te laisse remonter à vélo ».
Troisième temps, l'envie pour l'année. Un projet commun, une visite, un « on se voit à Pâques ». C'est ce qui transforme une carte en invitation.
Pour trouver ce vœu précis, je repense à la dernière conversation que j'ai eue avec la personne. De quoi a-t-elle parlé ? D'un projet, d'un souci, d'une envie ? Le vœu est presque toujours là. Une voisine qui se plaignait de son genou en novembre reçoit en janvier « que ton genou te laisse remonter la côte à vélo ». Elle comprend qu'on l'a écoutée, et c'est ce qui fait plaisir.
Exemple complet, envoyé à mon oncle et ma tante de Rezé en janvier dernier : « Cette année, vous avez fêté vos quarante ans de mariage et nous avez fait manger la meilleure paella de notre vie. Pour la nouvelle, on vous souhaite un potager qui donne autant que vous. Et on revient au printemps, avec le dessert cette fois. »
Des modèles pour chaque cercle
Les modèles qui suivent sont des squelettes. Remplis les crochets, change un mot, ajoute un détail. Une carte de vœux copiée telle quelle se reconnaît, surtout dans une famille où tout le monde lit les cartes des autres sur le buffet.
Pour la famille proche : « Merci pour [moment de l'année]. Pour l'année qui vient, je vous souhaite [vœu précis]. Et on remet ça à [occasion], promis. »
Pour des amis : « Une année de plus à [habitude commune], et toujours pas lassés. On vous souhaite [vœu précis], et on vous attend pour [projet]. »
Pour des voisins : « Merci d'avoir arrosé nos plantes cet été, elles vous saluent. Très bonne année à toute la maison, et à bientôt sur le palier. »
Pour la famille qu'on voit peu, les cousins éloignés, les grands-oncles, j'ai écrit un article à part : des vœux pour la famille qu'on voit rarement. Pour le travail, collègues, clients, fournisseurs, c'est des vœux faciles à personnaliser pour le travail.
Quand envoyer ses vœux
En France, l'usage veut qu'on envoie ses vœux en janvier, avec une tolérance jusqu'à la fin du mois. Beaucoup postent leurs cartes dès la mi-décembre, pour qu'elles arrivent avant les fêtes ; à la papeterie, le pic de ventes des cartes de vœux était dans la deuxième quinzaine de décembre. Une habitude, plus qu'une règle.
Et si on est en retard ? On écrit quand même. Une carte arrivée le 10 février avec « Nos vœux arrivent comme nous, en retard, mais sincères » fait plus plaisir qu'aucune carte. J'en ai envoyé une le 22 février une année. Ma grand-tante l'a gardée sur sa cheminée jusqu'en mai.
Carte imprimée ou carte écrite
Les cartes imprimées avec photo de famille et texte unique se sont multipliées. Elles sont jolies, elles font gagner du temps. Leur défaut : elles sont les mêmes pour tout le monde.
Ma solution, depuis que je fais imprimer les nôtres : une seule phrase écrite à la main sous le texte imprimé. Le prénom du destinataire, et une ligne à lui. « Pour Jeanne : merci pour la recette du gâteau basque, il a fait sensation. » Ça prend une minute par carte. C'est cette ligne qu'on lit en premier.
Pour la mise en forme, la photo collée, l'enveloppe en kraft, les conseils de personnalisation d'une carte d'anniversaire valent aussi pour les vœux.
Les formules qu'on lit partout
Certaines formules reviennent dans presque toutes les cartes que je vois passer. « Que cette nouvelle année vous apporte joie, santé et prospérité. » « Meilleurs vœux de bonheur pour vous et vos proches. » « Que tous vos souhaits se réalisent. »
Elles sont polies. Elles ont leur place sur une carte de vœux d'entreprise envoyée à deux cents clients. Sur une carte à ta tante, elles tombent à plat, parce qu'elle les a lues sur toutes les autres cartes de la pile.
Si tu tiens à une formule classique, garde-la pour l'ouverture, et ajoute derrière ta phrase à toi. « Meilleurs vœux ! Et surtout, que la cuisine soit finie avant l'été. » La formule fait le cadre, la phrase fait le reste.
Pour des vœux plus chaleureux, à des proches qui ont eu une année difficile, deuil, maladie, séparation, j'ai écrit un article plus délicat : formuler des vœux chaleureux.
Noël ou nouvel an
Certains envoient une seule carte avant les fêtes de fin d'année : « Joyeux Noël et belle année », et tout est dit. D'autres attendent janvier et la nouvelle année. Les deux se font. Le texte change peu ; seule la première ligne bouge.
Pour un proche qu'on voit peu, une vraie lettre d'une page fait plus plaisir qu'une carte. Pour un ami qui n'ouvre jamais son courrier, un message au téléphone. Le format s'adapte au destinataire, le contenu non. Les vœux professionnels, aux clients et aux partenaires commerciaux, demandent un ton plus sobre que j'ai détaillé à part.
Ce que j'écrirais, moi
Une phrase sur un moment partagé dans l'année, un vœu que je pourrais vérifier dans douze mois, et une date pour se revoir. Sur une carte toute simple, à la main, postée avant le 15 janvier. Et si la carte est imprimée, une ligne au stylo avec le prénom, parce que c'est elle qu'on lira.
Une étape après l'autre
La carte de vœux en trois temps
Remets les trois temps de la carte dans l'ordre de l'article.
- Un vœu précis pour la personne
- Une envie pour l'année qui commence
- Une phrase sur l'année qui s'achève, pas un bilan
On l'explique dans la partie La structure en trois temps
- Une phrase sur l'année qui s'achève, pas un bilan
- Un vœu précis pour la personne
- Une envie pour l'année qui commence
À lire aussi : Des vœux pour la famille qu'on voit peu : cousins, oncles, grands-tantes
Les questions qu'on nous pose
Quoi écrire sur une carte de vœux ?
Une phrase sur l'année écoulée, un vœu précis pour la personne et une envie pour l'année qui vient. Trois ou quatre lignes suffisent, à condition qu'au moins une ne puisse s'adresser qu'à elle.
Jusqu'à quand peut-on envoyer ses vœux ?
L'usage en France va du début de janvier jusqu'à la fin du mois. Beaucoup envoient leurs cartes dès la mi-décembre. Après janvier, on peut encore écrire, avec un mot d'excuse léger sur le retard.
Faut-il écrire « meilleurs vœux » ou « bons vœux » ?
Les deux se disent. « Meilleurs vœux » est la formule la plus courante, « bons vœux » sonne un peu plus familier. L'important est la phrase qui suit.
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